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Les pratiques divinatoire et magique dans la région du Benadir et du Basso Juba. ( Part I - II - III- IV - V- VI - VII - end )
"La magie noire et la magie blanche ne sont pas des forces différentes : c'est l'application soit destructive soit constructive de la même force". JdH

Cet exposé sur les pratiques divinatoires et magiques dans la région du Benadir et du Basso Juba, notamment dans cette zone dite " Dhoobeey " n'a nullement la prétention d'être une œuvre scientifique, elle ne fait que relater un certain nombre de pratiques observées et vécus par l'auteur.

Depuis des temps immémoriaux l'homme a toujours cherché la réponse à ses questions dans les étoiles et appuyé ses actions sur les signes de la terre: la divination a donc toujours existé, sous différentes formes certes, mais en règle générale elle servait à désigner la connaissance du futur, du passé, de l'espace nous entourant d'une part, et, d'autre part de l'occulte. Elle a existé chez tous les peuples de l'antiquité et on la retrouve profondément enracinée dans les sociétés dites "primitives".

La divination seule ou associée à la sorcellerie étaient un aspect important de la vie sociale, et le reste encore parfois. Et tout cela pour plusieurs raisons : acquérir le savoir, dévoiler l'occulte, effacer cette peur de l'inconnu, car celui qui détient la connaissance détient le pouvoir.

Pour le commun des mortels l'univers entier est rempli de mystère, toute réaction négative ou positive n'est jamais naturelle : à la source de toute entrave on trouvera, on cherchant bien, une intention de nuire, qu'elle soit le fait d'un vivant ou d'un mort ; le futur lui-même est soumis à la décision du devin : sa science est mise à contribution pour toutes les décisions les plus importants pour la tribu : voyager, échapper à un ennemi, conclure une affaire etc. et le devin indiquera la route à suivre pour rentrer dans les bonnes grâces du sort contrarié, ou pour ne pas en dévier.

Effectuée soit à travers un intermédiaire entre le ciel et la terre, c'est à dire à travers un officiant qui croit alors se mettre en contact avec l'au-delà et avec des êtres passés telle que des êtres supérieurs (ancêtres), soit par l'utilisation d'instruments telle que des cartes, " shax " ou les étoiles, cette divination s'exerce le plus souvent à travers l'intuition, la vision, le pressentiment : nous entrons alors dans le domaine de la voyance pure.

Avant l'arrivée de l'Islam, les Somaliens pratiquaient une tradition empreinte de folklore et de culte des ancêtres, aujourd'hui encore on assiste à des cérémonies où on fait des sacrifices aux ancêtres, aux défunts pour qu'ils protégent la descendance.

L'ancêtre, défunt ou vivant, à un rôle primordial au sein du clan, il est pourvu d'une sorte de pouvoir sur sa descendance, il est révéré et écouté, on dit qu'il est " qof barakeysan " et de ce fait on va vers lui ou elle afin de récolter sa bénédiction, et on veille à ne pas les contrarier pour ne pas s'attirer les foudres de sa colère présente ou future : un exemple en est lorsqu'un jeune homme ou une jeune fille est sur le point de prendre une décision qui s'oppose à celle de sa famille (par exemple : se marier en dehors du clan), le père, la mère ou le conseil tribal, lui mettent alors le marché dans les mains avec ce genre de proposition :

qori cad" Qori cad ama Qori cagaaran, kala dooro. " qori cagaaran

(choisi entre une branche séche ( cad = blanc) ou une brancheverte).

Ce qui équivaut à choisir une vie future pourvue de descendance ou au contraire stérile dans tous les sens du mot.

Actuellement en Somalie et surtout dans cette zone délimitée par la terre noire (Dhoobeey), bien que 99% de la population soit de confession musulmane, les pratiques de divination et de sorcellerie existent de façon occulte, on n'en parle pas, on se transmet de bouche à oreille celui ou celle qui a les qualités requises.

Venons-en maintenant à la position de ce personnage au sein de la société : selon les individus, elle varie beaucoup : certains, pratiquent la seule divination, vont de village en village : dans ces cas ils se déguisent en
'Yibir'= Griots, chantent et font des louanges dans les cérémonies. D'autres n'interrogent le sort que de manière occasionnelle et continuent de cultiver leur lopin de terre ; bien souvent ils sont de très puissants faiseurs de sort (Sixiroole) et on vient de très loin pour les consulter ; bien que discrets, ils restent pourtant en marge de la société.


Quelle raison préside-t-elle au choix d'aller consulter un devin?

Souvent on consulte un devin sur l'issue d'une transaction, le moyen de vaincre une adversité, la cause d'une maladie, la signification d'un rêve, l'avenir d'un enfant, la nécessité d'un sacrifice, avec toujours en filigrane le degré d'incertitude, d'angoisse, d'impuissance dans lequel vivent ces sociétés.
A son tour le devin y répond par divers procédés de " Faal " :-
inscription linéaire sur la cendre ou dans le sable
2· position et dénombrement de cauris ( Alleelo ), galets marqués;
étude des horoscopes, oracle des songes, etc.
déchiffrer les présages;
Cependant les modes de divination les plus courants restent : -
1-l'interprétation de figures géométriques tracées sur le sol faites par les doigts : sur un plateau en bois comparable à une tablette du Coran ou à même le sol, le devin répand une mince couche de cendres ou de fine poussière, sortie d'un sac. Après s'être recueilli, il trace dans cette poussière, du bout de l'index droit, diverses figures, de droite à gauche, quelques lignes horizontales ondulées, je n'ai pas souvenir du reste des signes observé ;
2-dans la divination par les cailloux, le devin tire d'un sac, où il les conserve habituellement, de petites pierres (alleelo ama dhagaxyo) qu'il aligne ou groupe par deux sur un ou plusieurs rangs de profondeur, dans un ordre qui paraît aléatoire ; il déplace ensuite certains cailloux pour tirer des conclusions de la disposition obtenue.
Les réponses s'interprètent dans un sens favorable ou défavorable selon la position des " Alleellada " ou de la figure de l'ensemble des lignes tracées dans la cendre ou dans la poussière et des formes qui en sortent .


Cependant certains 'Faal' peuvent ignorer les questions et le sujet visé et dessiner toute autre chose concernant une autre personne qui se trouverait par hasard dans sa zone d'influence : il y eut un épisode de ce genre lorsque deux amies se rendirent auprès d'un devin, seule l'une d'elle était en demande, mais il n'eut aucun moyens de lire pour elle, à chaque lancées, le 'Faal' sortait pour l'autre et à chaque fois il tombait juste pour elle : le devin en conclut que cette femme avait un 'Burji' plus fort que l'autre et qu'il fallait non seulement séparer les deux femmes, mais qu'il fallait en éloigner une à des kilomètres de distance.

Il semblerait que cette pratique procède de la géomancie musulmane, et sa diffusion serait liée à la venue des arabes dans la région.

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DEUXIEME PARTIE

Ainsi que nous l'avons mentionné auparavant certains devins, afin de passer inaperçus, endossent le rôle de maître spirituel, appelé aussi Griots " Yibir " : dans ces cas ils deviennent partie intégrante de tous événements tels que les circoncisions, les mariages, les funérailles.

Et selon les occasions ils sont tour à tour : guérisseurs, musiciens, sorciers, conteurs, magiciens, envoûteurs ; ils sont aussi la mémoire des familles, dont ils connaissent le moindre secret - on ne les appelle jamais, ils sont là pour toute cérémonie, comme par miracle: certains racontent qu'en réalité ces personnages ont leurs espions parmi les différentes tribus, ils surveillent les femmes enceintes, sont à la base de tout contrat sociale tel que les mariages, ils sont au courant de toute maladie, ainsi il leur est très facile de tabler sur la guérison ou la mort des personnes.
Et à ces occasions, avant même de les voir sur les lieux, on les entende. On entend leur litanie commencer à l'autre bout du village.
On les voit s'avancer lentement, personnages pittoresques, habillé d'une longe chemise, un " gô " sur l'épaule, leur bâton " bakoorad " de pèlerin à la main et plusieurs grandes chaînes (tusbax) autour du cou ; l'autre main sur l'oreille, les yeux fermées, tout dans leur récitation de l'arbre généalogique des intéressées, ainsi que les louanges de rigueurs, ou de regrets selon les circonstances. ( Ils ont toujours avec eux un élève qui les suit, pour les aider dans la récitation ou, simplement les guider dans le cas ou le griot serait aveugle).

A l'autre bout de l'univers occulte, il y a le sorcier " Sixiroole " : sa pratique ne se borne pas à la seule divination, il a une vaste connaissance des remèdes à base de plantes et soigne à l'aide de décoctions de feuilles ou d'écorces. Les noms des plantes, les maux qu'elles soignent, leur mode d'emploi, ont fait l'objet d'un véritable enseignement de la part d'un maître.

Ainsi que nous l'avons mentionné plus haut, Sixiroole et Griots ont tous deux des élèves sous certains conditions.
Pendant plusieurs mois, ou plusieurs années, l'apprenti vivra aux côtéx du maître, le servant comme un domestique, apprenant en échange les secrets de son art. il en est de même pour le " Griots " de confession musulmane ; il s'agit pour la plus part du temps, d'un apprentissage plus ou moins long, plus ou moins sévère ; au bout duquel il y a pour l'élève la promesse de ne plus manquer de rien.

Les domaines d'action des deux, Sorciers et Devins, sont pratiquement identiques ; cependant leurs buts, ainsi que les moyens mis en action sont différents :
-simple consultation divinatoire avec des lectures de textes religieux pour les devins " griots musulmans " avec parfois la poursuite de la consultation pour indiquer le remède opportun, faire une offrande ou confectionner un "xirsi" ou " makaraan" une sorte d'amulette, d'instrument de protection . Il peut aussi arriver parfois qu'un devin décèle la source d'un mal, et accepte de le combattre, soit par de décoctions de plantes, ; soit qu'il se lance à la poursuite du talisman cause du désordre ; il y a à ce moment là une confrontation avec le sorcier à la source de la création de ce talisman sur la demande d'un 'ennemi' du consultant.

Ce devin, tout en connaissant la source du mal qu'il affronte, n'a souvent a à sa disposition que des moyens qui surfent sur les fils des vers du Coran, prières, offrandes, contre-talismans qui contiennent des surates puissantes.

-face à cela, se déploie le rayon d'action du Sixiroole, beaucoup plus vaste et plus puissant, couvrant la révélation ainsi que l'action ou la contre-action sur le terrain. La puissance de celui-ci est tel que, non seulement il peut déceler, même à distance, le mal dont souffre le consultant, mais peut aussi agir sur le malade, sur les symptômes, sur l'origine, et sur la prévention et, bien entendu, il est aussi capable du contraire.

Ainsi que nous venons de le voir, 'Sixiroole', griots ou marabouts ont en commun l'application d'un certain nombre de rites et utilisent pratiquement les mêmes objets protecteurs dans le but de contrer ou favoriser les atteintes naturelles ou les actions de sorcellerie : il s'agit de la pratique de :
-Rites propitiatoires pour mettre la fortune de son côté ;
-Confections d'amulettes portables ( xirsi ou makaraan ), ou à enfouir chez soi ou chez son ennemi ; de talismans, de gris-gris.

Mon témoignage sur ces pratiques, ne peut porter que sur des événements qui ont eu lieu dans ce triangle des villes de Giamame, Gilib, Genale. Cette zone de Dhoobeey, a toujours été ma deuxième terre natale, ma famille a vécu là bas assez longtemps pour la considérer comme sa terre et son peuple comme faisant partie de notre famille : 'Reer Dhoobeey' ont été plus que mes frères et soeurs, nous avons étés élevés ensemble, nourri ensemble, soignés par les mêmes Guérisseuses, j'ai partagé avec certains le lait maternel; on dit que, nous sommes " caano wadaag" ; nous avons partagé les mêmes peurs et les mêmes croyances. C'est pour cela qu'aujourd'hui je ne reconnais pas ces gens qu'on appelle 'Bantou' et qu'on situe en dehors de nos lignages. Cela doit obéir à des impératifs politiques, et je peux le comprendre, mais personne ne pourra m'enlever ce que j'ai vécu avec eux et que nous continuons de vivre encore aujourd'hui, car, malgré la guerre civile, cette partie de ma famille continue de régner sur certains cérémonie de notre maison.

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TROISIEME PARTIE

REDOUTABLES RENCONTRES


Au centre de la Ligne de Cœur de l'Afrique et sur les bords du majestueux Uebi Juba, règne le puissant "Baxaar". A la fois force physique et force spirituelle, il maîtrise et agence son environnement et plus encore les animaux qui y demeurent.
Redouté et recherché pour ses pouvoirs par la majorité des ses semblables, il hante jusqu'à l'esprit des mères de famille.
Car il faut dire que cette énigme de la nature, est aussi doté d'un pouvoir de persuasion sur tous êtres et notamment sur les jeunes filles de bonne famille, qu'il peut circonvenir d'un simple coup de baguette " usha baxaarka ", une longue liane souple ornée de cuir coloré et des plûmes d'autruche que le 'faiseur de sort' arbore lors de ses promenades dans les rues de la ville de Giamame. ( pour les initiés cette baquette matérialisait le passage entre le visible et l'invisible).

Gare à celle qui s'attarde à la nuit tombée sur les bords du Uebi, l'heure à laquelle le " Baxaar " donne ses ordres à ses animaux de prédilection, les "Yaxaas " pour aller chercher les victimes désignées, ou pour les punir de n'avoir pas ramener les corps. L'on dit que c'est pour cela que les Yaxaas ne tuent pas leurs proies, car leur Maître veuille à ce qu'il lui obéissent. Dans le cas contraire, un seul commandement du 'Baxaar' : -" Is-Jibi " et l'on verra les Yaxaas se projeter en l'air, et se casser en deux par la colonne vertébrale, se suicidant ainsi en signe d'obéissance.

Au sein de sa cohorte de créatures, le baxaar mène donc la danse, les téméraires qui osent aller lui demander d'agir pour eux, ne sont plus là pour témoigner . L'on dit que le baxaar ne laisse pas de témoins, il est une épée à double tranchant : entrer dans son monde exige un prix élevé que peu sont prêts à payer.

Quoiqu'il en soit , on raconte dans les nuits sombres des 'Shiidle' , l'histoire de cet homme qui voulant punir son épouse pour son infidélité, se trouva face à une forteresse à jamais fermée pour lui ainsi que pour les autres ; bien plus éprouvante l'histoire de cet homme marchand toute sa vie à reculons et avec une branche dans la main, de peur que le 'baxaar' ne prélève ses empreintes pour le faire disparaître . raad

De même, sous les cieux de Kamsuma, la nuit appartient au baxaar et nul n'ose sortir à partir du couché du soleil et le lendemain il n'était pas rare de trouver les sentiers goudronnés jonchés de coquilles d'œufs vides, signes qu'un envoûtement avait eu lieu et qu'un homme peut-être n'urinerait plus debout !!!!

Chers lecteurs, vous ne rêvez pas, ceci ne relève pas du domaine de l'imaginaire ; ceci à été et probablement ceci est encore. Qui de vous aura le cœur d'aller le vérifier ?( A bientôt pour d'autres impossibles rencontres).

NB/ - Le terme "yibir" utilisé dans ce contexte n'a rien à avoir avec des tribus somaliennes, cette terminologie servait à nommer les "griots" qui venaient exercer à Mogadisho durant certains cérémonies. Il s'agit donc de l'appellation d'un corps de métier et non d'une tribu, des artistes que je tiens en très grand estime, car dépositaires de la mémoire collective. Vous devriez vous souvenir de cela avant de ruer dans les brancards.

Dans son 'Recueil de textes choisis' *, l'auteur somalien Maxamed Cabdi Maxamed relate l'histoire des Anaas, appelés aussi Yibir :

Quote

" Les Anaas ...sont des sorciers: aprés avoir subi les rites initiatiques, ils sont en droit d'exercer la magie. L'un des leurs principales activités consiste à benir les naissances de toute enfant mâle et de toute fille aînée... Aprés l'offrande des parente, le sorcier chante sa bénédiction et leur tend une amulette 'makaraan' en prononçant ses paroles:

Wiilka Xanfaley iyo Xeylo dubato ( désignation des parents )
Alla ha ka qaado Que Dieu épargne ton fils
Jinni madow, Jaan madow Des mauvais esprits,du diable noir et du maudit
Qumanyo madow, sixir madow de la Déesse du malheur et du Sorcier maléfique
Alla ha ka qaado Que Dieu le préserve
   

Les Anaas bénissent aussi les mariages

Arooskii guleed, oo aan gablamin Que votre mariage soit heureux et fructueux,
Kii abshir leh, Qu'il vous apporte le bonheur
Kii curud leh, Qu'il vous donne un fils aîné
Kii caano leh oo Qu'il vous donne l'abondance
Barbaar ciyaarta leh, De la jeunesse rieuse
Allaha ka yeelo oo Que Dieu vous accorde tout cela
Sadkayaga noo keena. Et nous en donne notre part

Unquote

*'Recueil de textes choisis" de Maxamed Cabdi Maxamed (© service technique de l'UFR Lettres Besançon). C'est une véritable source de la culture orale somalienne, fruit d'un travail sur le terrain effectué par ce chercheur et traduit par ses soins.- aaa

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QUATRIEME PARTIE

geed luubaan

L'homme lassé d'avoir en vain imploré le ciel s'adresse donc à l'Enfer.

Dans la chaleur moite de la jungle africaine, bien peu d'animaux, qu'ils soient " rabbaayad " ou " dugaag ", ont la chance d'échapper au destin du 'transfert de sort' (1), que cela soit temporaire ou définitif.

L'acte de sorcellerie portant préjudice à ces animaux à donc toujours pour origine l'homme et sa sphère d'influence spirituelle. L'homme et ses incertitudes ainsi que ses névroses trouvent un exécutoire dans des cérémonies au cours desquelles le sixiroole, entre en transe et procède au transfert des négativités de l'homme vers l'animal choisi à cet effet, afin d'opérer la guérison.

A cet égard, il faut tout d'abord distinguer entre animaux de sacrifice et animaux de 'transfert de sort' : ces derniers font dûment l'objet d'une recherche pointilleuse suite au rêve du " sixiroole " grâce à son 'esprit possesseur'. Il s'agit souvent d'animaux assez spéciaux, avec des signes distinctifs bien marqués, que le malade ou sa famille - dans le cas où le patient serait la proie d'un esprit malveillant - doit rechercher, souvent au prix de grands sacrifices.

Au cours d'une cérémonie assez particulière, le sixiroole en transe invoque ses esprits protecteurs et verse sur le malade une mixture préparée par lui, tout en brûlant des herbes et en récitant des formules.

A un certain moment du rituel, des poils et des parties de l'animal choisi sont jetés sur le feu, et un peu de son sang sur le malade : en fin de cérémonie l'animal doit être libéré afin de porter la charge du transfert.

( Rappelez-vous la portée de la possession d'un fragment du corps ou même d'une pièce vestimentaire de la victime potentielle, cela peut tout simplement être le support d'une action magique sur le corps tout entier (guérison ou, a l'inverse, destruction, envoûtement, captation, etc.) Avec des touffes de cheveux, dents de lait, rognures d'ongles, cordon ombilical, etc., on confectionne des amulettes ou des grigris qui serviront à nuire à l'être sur lequel ils ont été prélevés ou à le soustraire à d'éventuels ennemis ; des objets personnels tels que des bijoux, attachés symboliquement a un individu, peuvent servir aussi de support à une action maléfique sur leur propriétaire.)

Par ce procédé, simple en apparence, le transfert des négativités est effectué : conviction mentale ou efficacité supposé de l'artifice, le malade retrouve le plus souvent sa santé physique. On peut dire dans un sens qu'il "s'auto guérit".

Une pratique similaire basée sur la croyance en ce rituel de " transfert de sort ", est en vigueur dans la région de Benadir où nous assistons au paradoxe d'une société profondément musulmane et pourtant viscéralement convaincue de l'existence de plusieurs types d'esprits, malins ou bienfaisants qui, dans le langage courant sont appelés Jinni, Saar et Wadaado ; ces esprits sont supposés être responsable de bien des maladies physiques et mentales ; et ce phénomène concerne pratiquement toutes les couches sociales.

Avant d'aller plus loin dans l'univers des esprits, je citerais ici le chercheur Toufic Fahd, qui, dans son étude " La divination arabe. Etudes religieuses, sociologique et folklorique sur le milieu natif de l'Islam ", avance une explication de ce paradoxe soulevé par la relation divination et islam et l'attitude de l'islam de l'époque pour intégrer ces pratiques, tout en préservant la pureté de l'islam : -

Quote

" Bannir le devin de la société musulmane tout en conservant certaines pratiques divinatoires, cela nécessitait le réaménagement de ces dernières. Désormais, tout individu capte les signes divinatoires et les interprète. Il peut consulter quelqu'un de plus doué, plus capable, plus expérimenté que lui, sans que ce dernier ait une fonction officielle dans la communauté. Progressivement, et à la demande des califes qui se fiaient à la voix du ciel exprimée par les signes divinatoires, les héritiers de la science des devins, et non de leur fonction ni de leurs privilèges, fixent par écrit les codes d'interprétation et les règles des divers procédés divinatoires, de manière que chaque individu soit suffisamment armé pour donner aux signes qu'il retient la signification qu'il croit leur convenir. Il restera des personnes plus compétentes que d'autres ; mais le principe de la " laïcité " de la divination n'en souffrira plus ... On ne considérait plus la connaissance divinatoire comme le fruit d'une inspiration divine, mais comme l'acquis d'une science humaine "

Unquote

Bien que cette attitude permit l'éclosion d'une vaste science divinatoire publiquement acceptée et honorée ; je ne crois pas qu'à elle seule, elle puisse justifier l'existence de toutes ces pratiques ; néanmoins, la dimension religieuse se devait de prendre en charge ces inévitables manifestations sociales en essayant de les contrôler à travers l'intervention des ces Hommes de 'Dieu' ( Wadaado ) qui de par leur connaissance du sacré peuvent sans 'dommage' aller et venir sur les fils des manifestations des esprits saints ou magiques.

Cependant une différence est à noter dans la prise en charge de ces pathologies : là où ailleurs l'intervention du sixiroole était requise, ici c'est le domaine du " Wadaad " qui est l'axe équilibrant du 'Sixiroole' ; celui qui se dresse comme seul rempart entre le monde des ténèbres et la lumière de la croyance en Dieu.

Face à la " face cachée " du " sorcier envoûteur " c'est à dire contre son activité nocturne répond "la clarté et la pureté" de la pratique diurne du ' Wadaad'.

Là où la sorcellerie est exercée par le moyen de recettes et de formules relevant de la magie noire, avec une intention plus ou moins pernicieuse, ici, par opposition le "Wadaad " agit avec l'aide d'amulettes bénéfiques contenants des sourates du Koran rédigée sur du papier plié et caché à l'intérieur d'un étui en cuir hermétiquement fermé que la personne doit porter sur elle en permanence : au bras, au cou, à la ceinture (xersi) .

Ce 'Wadaad' fait partie de la grande famille des " Culumo " les gens du savoir coranique et dans sa 'clairvoyance spatiale' agit pour le bien des êtres et seulement pour leur bien : bien entendu, cela n'exclue pas l'existence de charlatans de tous genres qui agissent par cupidité en essayant de transformer le 'Coran liturgique' en 'Coran talismanique' au service des désirs temporels de l'humanité faible.-

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( à bientôt dans le cercle du désenvoûtement…)


(1)Ces pratiques que nous croyons si lointaine, sont pourtant bien souvent à notre porte : à Paris même, lors de la promenade du petit caniche d'une amie, j'ai croisé une personne que je connaissais bien et qui savait que cet caniche ne m'appartenait pas ; cette personne, au milieu de notre conversation amicale, me demande si elle pouvait prélever une touffe des poils couleur chocolat du petit caniche : devant mon étonnement, cette personne m'avoua que c'était pour procéder à un transfert de maladie… Je n'ai pas besoin de vous raconter ici la manière dont fut défendue notre petite démi-portion : quant à vous, soyez sur vos gardes, bien souvent ces personnages avancent masqués.

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V

La danse ritualiste de Somalie :- la dernière partie de ce dossier est basée sur un petit opuscule edité en 1974 par l'ancien Ministère de la Culture de Somalie intitulé: ' La culture et le Folklore Somaliens'

Nous avons mentionné précédemment que les danses appartenant à cette catégorie possédaient un élément religieux ou superstitieux, car elles sont destinés à éloigner les forces du mal de l'homme. Il existe un grand nombre de ce type de danse floklorique spirituelle dans les diverses régions de la Somalie, les plus populaires comptant les danses suivantes:

1.Istaqfurow ( dabshid ) / 2.Mingis/ 3.Saar/ 4.Saarlugeed/ 5.Saarmoye/ 6.Beebe/ 7.Boorane/ 8.Baar Cadde/ 9.Hayat (Bordheere et Lugey)/ 10.Jumato/ 11.Istunka.

Les techniques d'exécution et le rite particulier de chacune des ces danses sont extrêmement variés; nous n'allons donc que considérer les danses Istunka, Istaqfurow et Mingis comme illustration.

Les rites Istaqfurow s'observent chaque année en janvier et en février, dans le sud de la Somalie. C'est l'époque de l'année où soufflent violemment le long des côtes méridionales les alizées du nord-est entraînant des tempêtes et des mers houleuses dans l'Océan Indien. Les voyages en mer dans les 'dhows' locaux, le long de la côte, cessent pratiquement pendant trois à quatre mois jusqu'à ce que les vents forts se calment. Ces fortes tempêtes et grandes marées qui déferlent sur le rivage causent bien souvent des dommages matèriels et physiques, coulant des navires sur les mers houleuses, balayant le toit des huttes, abattant les arbres fruitiers et soulevant même les gens du sol. Comme nous l'avons dit, pour le commun des mortels l'univers entier est rempli de mystère, toute réaction négative ou positive n'est jamais naturelle : à la source de toute entrave on trouvera, on cherchant bien, une intention de nuire, qu'elle soit le fait d'un vivant, d'un mort ou d'un dieu cruel, d'où des rites de sacrifice destinés à apaiser ces dieux imaginaires. Les offrandes présentées au 'dieux de la mer" ne sont plus des êtres humains mais un troupeau choisi de cent animaux, moutons et chévres. Pendant ce temps la foule danse et chante de mystérieuses formules destinées à parfaire le rite de sacrifice jusqu'au prochain Istaqfurow de l'année suivante.

(Le point de vue d'un artiste somalien):-www.osmanart.net

Dans les rites Mingis ce sont les esprits magiques qui dominent. Il existe tout un système hiérarchique de ces jinnis ou esprits supernaturels à qui l'on attribue le pouvoir d'infliger des maladies mortelles à ceux qui ' les intéressent'. A la tête de cet ordre invisible domine le Fétiche suprême : le Wadhooye qui contrôle le destin de ceux tombant sous ses charmes saar. Au sein de ce système hiérarchique d'esprits, existent des personnages supernaturels divers ayant un pouvoir moins important et menant une lutte constante autant avec le fétiche suprême qu'avec leurs pareils pour s'assurer le pouvoir et l'influence sur leurs sujets humains. Voici certains de ces personnages principaux:

Ashkir-marooriye / Ciise Mingis Rooble / Xamaro (femelle) / Nuumbi / Wadhooye / Maame / Yawarkaasi / Yoose.

Chacune de ces personnages est honoré d'une danse rituelle particulière. Ciise Mingis Rooble, Maame et Wadhooye semblent avoir le plus grand nombre de partisans qui se développent en factions et cultes distincts : Mingis, Nuumbi, Saar et ainsi de suite.

Chaque groupe croit que l'esprit qu'il honore est le souverain suprême de tous les autres esprits, dont le nombre est infini; leurs disciples humains sont en perpétuel désaccord à l'instar des jinnis divers qu'ils vénérent. En réalité, ce sont les Calaqads ou leaders de culte divers qui se cherchent querelle, s'efforcant de se rejeter mutuellement de ce marché lucratif.

La lutte présumée entre jinnis pour obtenir influence et suprémacie se manifeste parmi les disciples et dévoués lors d'occasions telles que l'exécution de danses rituelles par exemple, où les partisans de cultes différents rivalisent ouvertement. Il se peut par exemple qu'un disciple danseur désire exécuter la danse rituelle résevée à son 'maître' particulier, tandis qu'un membre d'un autre culte s'y oppose exigeant que soit exécutée d'abord la danse favorite de son culte. L'un des contestants saute soudainement dans l'arène et demande l'hymne propitiatoire en l'honneur de son esprit-maître. Le choeur le chante à pleine voix à l'unison et en battant des mains, jusqu'à ce que le danseur atteint un état d'extase et court et saute sans but autour de la piste de danse. Soudain son adversaire, mal à l'aise jusqu'alors, saute dans la piste et chante l'hymne de son propre culte de façon démoniaque. Le choeur et les musiciens, qui assument habituellement une position neutre et ne prennent pas part à ce duel supernaturel, chantent et jouent le nouvel hymne en l'honneur du personnage choisi par le nouveau danseur dans l'arène. C'est alors que le premier danseur quitte la piste en colère car il se sent offensé par 'l'imposteur' qui a profané l'exécution en faveur de son propre maître. Il se repose alors une heure ou deux puis saute à nouveau sur la piste, annonçant une fois encore le chant favoir de son maître. C'est maintenant au tour de l'autre de se retirer et de se reposer. Ces danses ritualiste, et surtout le Nuumbi lorsqu'a lieu le spectacle décrit ci-dessus, se poursuivent jusqu'au petit matin et la foule immense s'amuse beaucoup devant les cabrioles bizarres des guérisseurs d'Afrique.

( toujours dans le cercle du désenvoûtement…)

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VI

La suite des danses ritualiste de Somalie :- toujours basées sur l'opuscule: ' La culture et le Folklore Somaliens' edité en 1974 par l'ancien Ministère de la Culture de Somalie.

Yoose, Ashkir-marooriye, Xamaro et autres font partie de ces personnages moins importants obéissant aux ordres d'un fétiche principal tel que Wadhooye dans cette entreprise trés lucrative du choix des victimes ( des ménagères surtout) qui seront frappées des maladies Saar ou Mingis.

Une vielle femme porte le titre du culte à savoir ' Calaqad', interprète ou oracle de chacun de ces jinnis, et elle seule a le droit de commmuniquer directement avc le 'Maître'. Parfois un homme remplit le rôle d'oracle. Pour obtenir le plus de clients possibles et donc le revenus les plus élevés, la 'calaqad' nomme certaines des ses disciples au poste d'oracle, mais elle garde l'autorité suprême relative aux fonctions du culte car elle seule posséde l'expérience nécessaire de la sorcellerie. La novice est initiée aux mystères de la magie noire, aprés être passée par le troisième rite ou 'Muul' le plus complexe et le plus couteux. Aprés quoi le nouvel oracle a le droit de ' guérir' les victimes conformément aux méthodes de son 'Maître' et d'accepter les offrandes des patients au nom du ' jinni'. La nouvelle guérisseuse doit obéissance à celle qui l'a promu et elle doit lui remettre une partie des revenus qu'elle obtient de ses patients. Ainsi les vieilles femmes peuvent exercer une influence puissante sur des jeunes filles ou des jeune femmes qu'elles menacent de la colère du Wadhooye ou Maame. La Calaqaad, qui grâce à son grand âge, passe pour une dame trés respectable du village ou de la ville, accéde ainsi à tous les domiciles. Elle choisit généralement des jeunes femmes inexpérimentés ou des gens crédules qu'elle peut manipuler facilement. La Calaqaad rend visite à une jeune femme en l'absence du mari de cette dernière et commence à travailler sur les doutes et les incertitudes de la jeunes femmes.

A ce point l'ouvrage relate un dialogue imaginaire qui peut donner une idée des tactiques employées par la vielle sorcière pour envoûter sa malheureuse victime.

VII

Toujours dans le cercle de désenvoûtement

(La culture et le Folklore Somaliens'1974).

Les arguments et les menaces de la vieille femme ont presque toujours raison d'une jeune femme crédule, la persuadant qu'en raison de la négligence et de l'égoïsme de son mari ou de sa belle-famille, elle souffre, et que cette souffrance a un nom : 'Saar' ou 'Mingis' et qu'elle a été choisie par Wadhooye ou quelque autre esprit le servant - Ashkir-marooriye , Hiid , Xamaro etc. pour observer les fêtes nécessaires si elle désire se sentir mieux et obtenir les faveurs des 'jinnis' ayant le pouvoir de ' tarir la source de la fécondité de la femme', pour la rendre stérile et sans enfants tout le reste de sa vie.

Les Samrad, Sharad et Muul sont les trois fêtes rituelles principales en l'honneur de Wadhooye, Maame et des dizaines d'autres esprits : -
1)-La première est la fête pendant laquelle 'la victime' doit subir certaines cérémonies rituelles -danse, chants, fumigation avec beaucoup d'encens, de parfums et d'huiles douces etc. La personne 'promet' alors d'observer..
2)-la seconde fête importante 'Sharad', si l'esprit la laisse en paix entre-temps. Lorsque la Sharad a eu lieu, les auteurs de cette propitiation pressent la victime d'observer aussi …
3)-la troisième cérémonie de Muul, pour s'assurer doublement que le 'jinni' est entièrement satisfait ; sinon, l'esprit ne laissera probablement pas la personne en paix.

La Muul est la plus élaborée de trois fêtes et elle est la plus coûteuse. Ainsi, les fêtes somptueuses se succèdent et les guérisseuses peuvent s'assurer des affaires lucratives de façon permanente.

Pendant les propitiations, la vieille sorcière se met dans un délire semi-fou, en hoquetant, toussant, geignant, gémissant et ainsi de suite, et elle proclame à haute voix que son esprit-maître désire des sacrifices animaux, des sommes d'argent etc.. conditions qui doivent être remplies pour 'quitter le corps des victimes' que le démon a choisi comme résidence permanente. En fait, les sacrifices animaux sont l'occasion de festins pour la Calaqaad et ses disciples, dont bon nombre sont maintenant des hommes ; ils se partagent l'argent, la part du roi allant à l'oracle principal.

Ces rites se déroulent généralement chez la victime, dans sa maison ornée de draperies et de tapis confortables. Les fenêtres sont hermétiquement closes pour empêcher le 'mauvais air' d'entrer ou les regards malvenus des hommes. La pièce n'est que faiblement éclairée et d'immenses colonnes d'encens s'élèvent des urnes placées dans tous les coins de la pièce.
Un grand nombre de personnes, des femmes en général, servent de gardiennes pour la Calaqaad ou chef ; ce sont d'anciennes initiées 'immunisées' contre les charmes Saar ou Mingis et qui 'dédient' volontairement leurs services au guru tout puissant. Ces dévouées fidèles aident leur maîtresse dans l'exécution des cérémonies en formant le chœur qui chante, joue du tambour, bat des mains etc.. et remplit toutes les tâches nécessaires à l'organisation des fonctions fétichiques.
On fait asseoir la victime du Saar ou Mingis, très souvent une jeune femme comme nous l'avons dit, au milieu de la pièce, enveloppée d'un 'dirac' transparent, les cheveux tombant sur son visage et ses épaules. Elle est entourée du chœur qui peut se composer aussi bien d'hommes que de femmes. Soudain, des coups de tambour résonnent dans le silence mortel de la pièce, accompagnés de chants mystérieux par des contraltos de femmes mêlées de ténors. La Calaqaad est assise prés de la victime ; elle commence à prononcer des phrases et des formules inintelligibles, indiquant l'esprit particulier qui, selon ses dires, hante le corps de la jeune femme.

Chacun des personnages fétiches divers possède un hymne spécial, par exemple, lorsqu'on suppose que l'un des chefs de la hiérarchie, Wadhooye, 'réside' dans le corps de la victime, la calaqaad officiant lors de tous les rites Saar et Mingis, chante les mots suivants : -

wadhooye
wadhooye
soo dhacyey
Saarlaa ogaa ;
wuxuu doonayaa
daylooy laxdii ;
wuxuu doonayaa
aqal daahyoweyn
deewali xariiruu
doonayaa…
"wadhooye s'en va ( du corps de la victime)
wadhooye désire
un brébis (lax) dont la tâche noire s'étend de la tête à la poitrine ( comme sacrifice) ;
une hutte (aqal) confortable aux lourds rideaux (dans laquelle doivent se dérouler les rites Samrad et Sharad ;
une Deewaali de soie (
ceinture brodée pour dames).."


Hiid a aussi ses propres chants à savoir : -

hiidow baxey
hee-bee
hilib-hilin hayow
hiidow baxey
hee-hee..
hala dhalay watow
hiidow baxey
shaydaan hurdow
hiidow baxey
meygaag hurdow
hiidow baxey
haragwaxar sitow
hiidow baxey..
"Oh, Hiid
tout-puissant
suivant des sentiers tortueux,
possesseur de chameaux laitiers (hala dhalay)
démon endormi
sous l'arbre 'Meygaag',
porteur de guenilles (hilif)
et de peaux de chevreau (harag-waxar)
va-t'en du corps de la victime)…"

Les aliments, les vêtements et l'argent fournis par la patiente selon les 'désirs de l'esprit' sont utilisés par la calaqaad ou oracle et ses disciples, dont bon nombre sont des hommes initiés de nos jours, ce sont en fait ses gardes du corps. Les parfums, encens, huiles et ainsi de suite, sont utilisés avec largesse par les auteurs de cette propitiation pour 'adoucir' leurs corps- le 'logis permanent' des dieux de la magie noire. On dit que tous les types de cadeaux ne conviennent pas comme sacrifices à ces personnages impitoyables ; ils semblent avoir une prédilection pour les articles coûteux comme des parfums aromatiques et des huiles parfumées importées d'autres pays. Voici quelques exemples des marques particulières de parfums et cosmétiques exigés par ces fétiches locaux :

Cosmétiques et mélanges parfumés:-
1)-buctureen
2)-jaawe
3)-catarcuud
4)-cusbur
5)-cafasiyad
6)-Cambar
7)-cuud
8)-ciddi
9)-cillaan
10)-casarleged
11)-huruud
En flacons( parfums ) barafuun ama cattar: -
12)-baradiso
13)-farxata niisaa
14)-nuurbi n

Une parmi les centaines de recette de mélange pour 'uunsi': il ya celle-ci

1+2+3+4+5+6+7+8+10+encens+12 ou 13ou 14+huile végétale, l'ensemble bouillie etmis à macérer longtemps; seront brûler en permanence durant la cérémonie.

En dépit de leurs éléments superstitieux, la plupart de ces danses rituelles ont une certaine valeur artistique car elles reflètent les superbes créations artistiques des sociétés africaines. L'exécution exquise de la Nuumbi avec sa musique Sharaara envoûtante, les fastueuses coutumes, tout cela