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X : 'Ceeriyama-Guuriye' Ceeriyama-guuriye était désormais son nom , mais cela nen avait pas toujours été ainsi, car comme tout jeune guerrier rien ne le prédestinait à ce rôle. Né, dernier dune fratrie, au sein dune famille déleveurs, il était destiné à faire partie des guerriers-éleveurs, tandis que ses frères aînés devaient quant à eux assurer la poursuite de la lignée sacrée et magique de la famille : car au sein de la tribu le rôle de chacun est fixé selon le rang et la préséance et transmis en héritage. Pourtant, alors que ses frères reçevaient péniblement leurs initiations, le jeune Baashi était, sans le savoir, déjà doué de tous les pouvoirs. Il réussit cependant, pendant un certain temps à mener une vie tranquille, jusquau jour ou la tribu entra en colaad avec une autre tribu plus puissante. Tandis que les guerriers se préparaient à la bataille, il fallait mettre à labri les éléments les plus faibles du maillon : vieux, enfants, femmes ainsi que les biens et le bétail. Cétait le rôle de la Maison des puissants-devins darrêter le jour de lexode, de tracer le chemin et de protéger la caravane. Les allelo furent lancées, les mariyama dansèrent aux sons des invocations sacrés ; les wacad sinscrivirent dans le sable et le sacrifice fût effectué dans le respect des ancêtres. Et cest ainsi quun jour au début de la saison du Deyr de lannée des Trois Huit, lensemble de la tribu se mit en route. Malheureusement à mi-chemin, les guetteurs rapportèrent que l'ennemi avait retrouvé leurs traces. Cétait encore aux devins dagir, mais ils avaient beau invoquer et tracer des signes dans lespace, rien ny fît. Les femmes et les enfants commencèrent à paniquer car il ny avait pas assez de guerriers pour assurer leur survie et cest à cet instant précis que le jeune Bashi entra en action et en transe : - il invoqua le ciel et la terre dans un langage ancestrale, il fît se rencontrer le vent et le sable et de ce mélange naquît un brouillard qui enveloppa la caravane et se déplaça avec elle, lui permettant déchapper à lénnemi. De ce jour le jeune Bashi ne fût plus, et Ceeriyama-guuriye ( celui qui fait voyager le brouillard ) vint au monde et entra dans la légende.
Voilà ce que fût le destin de Ceeryama-guuriye,
un de mes ancêtres. Je la rapporte telle quelle ma été relatée par ma mère qui à sont tour lavait reçu de la sienne et ainsi de suite, et telle que je lai transmise à ma fille : puisse la bénédiction des ancêtres nous englober toujours.- IX : Burji - xisaab Actuellement l'une des histoires de la rubrique de Xaaji Cali ( prononcer Hagi Ali ) du volet en langue somali de ce site, relate l'histoire de deux peuplades qui vécurent dans le sud de la Somalie et qui avaient pour noms " Silcis-Gurgaarte " ( à prononcer Sil'is-Gurgaarte ) et "Goobroon ". L'histoire raconte en détail l'oppression que les " Goobroon " eurent à subir de la part des " Silcis-Girgaarte " et de la manière dont il réussirent à se débarrasser d'eux. Bien que le récit de l'histoire soit parfaitement rendu dans la langue somali, je crains que, si je m'embarque dans une traduction littérale en français, je ne puisse pas rendre en totalité les nuances et la richesse des tournures des phrases et des métaphores somali. Quoiqu'il en soit, puisque j'ai besoin de cette histoire pour étayer le sujet qui porte essentiellement sur les marabouts, les griots, les chamans et sur les pratiques occultes ( voir faal ), il ne me reste qu'à traduire quelques lignes de cette extraordinaire histoire, que je vous le rappelle a été relatée par M. Hagi Ali. Le cadre de l'histoire : le sud de la Somalie, terre d'agriculture et d'élevage et une ville appelée en somalien " Jeli " ( Giali sur les cartes ) ainsi que des pleines de terres cultivées tout autour. Les acteurs de l'histoire: d'un
côté les " Silcis-Gurgaarte
" guerriers, commerçants, artisans et en partie agriculteurs,
ils détiennent cependant, en raison de leur nombre et de leur
force, le pouvoir décisionnaire de la communauté de la
région ; De
l'autre côté les " Goobroon
" agriculteurs pour la plupart et gens de religion en totalité,
soumis mais bien
Les moyens mis en uvre par les " Silcis-Gurgaarte "pour s'assurer de l'obéissance totale et définitive des " Goobroon ":- 1- le pouvoir décisionnaire étant dans leurs mains, ils décrétèrent que : -
-
Les portes des maisons appartenant aux " Silcis-Gurgaarte
" la junte au pouvoir, devaient s'ouvrir à 'droite' : -tandisque celles des maisons des " Goobroon " les opprimés, devaient elles s'ouvrir à 'gauche'.
b)-pour pouvoir contrôler la croissance de la population des "Goobroon", le deuxième ordre visait à inscrire sur le registre le nom de chaque nouveau-né des " Goobroon " et pour mieux veiller à l'application de ce dernier ordre les " Silcis-Gurgaarte " en fins stratèges installèrent sur une ligne médiane coupant la totalité de la ville de " Jali " une suite de " Raar ": des miradors formés chacun de quatre grosses poutres surmontées par un rempart sur lequel se trouvait un homme qui surveillait le secteur juste au-dessous de lui et en référait immédiatement à la chaîne des miradors suivante.
Ainsi surveillés et encadrés les " Goobroon " n'eurent pas d'autres choix que celui de décider de se débarrasser des " Silcis-Gurgaarte". 2. Les moyens mis en uvre par les " Goobroon " en vue de leur libération : - En
leur qualité de peuple pacifique et religeux, toute prise d'arme
était hors de question. Cela
débuta par ce qu'on appelle en langage clé une séance
de " Burji-Xisaab " :
' Burji ' qui signifie " pouvoir
" et ' Xisaab' ( à
prononcer Hisaab ) le "calcul " ; c'est à dire
le" calcul du pouvoir de chacun des acteurs
sur l'échiquier ". Les résultats du " Burji-Xisaab " furent impitoyables : en cas d'actions et de toutes les manières, les " Goobroon " étaient perdant sauf s'ils arrivaient à influer sur les nombres magiques et cela d'une seule et unique manière : - l'intervention sur l'échiquier d'un tiers dont l'addition du pouvoir pouvait faire pencher la balance. En parfaite accord avec les esprits et par une impeccable conduite, les " Goobroon " se mirent à la recherche d'une tribu possédant un " burji sare" : un pouvoir supérieur.
Munis
de tous leurs attributs, car ils étaient renommés partout
pour leur science, les " Goobroon
" invitèrent les " Wacdaan-Cosmaan
" à une table ronde. Ils disparurent dans la nuit des temps et jusqu'à aujourd'hui nul n'a entendu parler d'eux : à la différence des " Wacdaan-Cosmaan " qui eux s'installèrent définitivement à l'intérieur des terres fertiles du sud de la Somalie.- asma /asraar /wacad /inkaar /sixir /baxaar /madiido /... autant des descente vers l'inconnu que nous avons abordées dans la section ' faal ' de ce site. Eray-bixin = Vocabulaire
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