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IV

La danse ritualiste de Somalie :- la dernière partie de ce dossier est basée sur un petit opuscule edité en 1974 par l'ancien Ministère de la Culture de Somalie intitulé: ' La culture et le Folklore Somaliens'

Nous avons mentionné précédemment que les danses appartenant à cette catégorie possédaient un élément religieux ou superstitieux, car elles sont destinés à éloigner les forces du mal de l'homme. Il existe un grand nombre de ce type de danse floklorique spirituelle dans les diverses régions de la Somalie, les plus populaires comptant les danses suivantes:

1. Istaqfurow ( dabshid )
2. Mingis
3. Saar
4. Saarlugeed
5. Saarmoye
6. Beebe
7. Boorane
8. Baar Cadde
9. Hayat (Bordheere et Lugey)
10. Jumato
11. Istunka.

Les techniques d'exécution et le rite particulier de chacune des ces danses sont extrêmement variés; nous n'allons donc que considérer les danses Istunka, Istaqfurow et Mingis comme illustration.

Les rites Istaqfurow s'observent chaque année en janvier et en février, dans le sud de la Somalie. C'est l'époque de l'année où soufflent violemment le long des côtes méridionales les alizées du nord-est entraînant des tempêtes et des mers houleuses dans l'Océan Indien. Les voyages en mer dans les 'dhows' locaux, le long de la côte, cessent pratiquement pendant trois à quatre mois jusqu'à ce que les vents forts se calment. Ces fortes tempêtes et grandes marées qui déferlent sur le rivage causent bien souvent des dommages matèriels et physiques, coulant des navires sur les mers houleuses, balayant le toit des huttes, abattant les arbres fruitiers et soulevant même les gens du sol. Comme nous l'avons dit, pour le commun des mortels l'univers entier est rempli de mystère, toute réaction négative ou positive n'est jamais naturelle : à la source de toute entrave on trouvera, on cherchant bien, une intention de nuire, qu'elle soit le fait d'un vivant, d'un mort ou d'un dieu cruel, d'où des rites de sacrifice destinés à apaiser ces dieux imaginaires. Les offrandes présentées au 'dieux de la mer" ne sont plus des êtres humains mais un troupeau choisi de cent animaux, moutons et chévres. Pendant ce temps la foule danse et chante de mystérieuses formules destinées à parfaire le rite de sacrifice jusqu'au prochain Istaqfurow de l'année suivante.

(Le point de vue d'un artiste somalien):-

mingiswww.osmanart.net

Dans les rites Mingis ce sont les esprits magiques qui dominent. Il existe tout un système hiérarchique de ces jinnis ou esprits supernaturels à qui l'on attribue le pouvoir d'infliger des maladies mortelles à ceux qui ' les intéressent'. A la tête de cet ordre invisible domine le Fétiche suprême : le Wadhooye qui contrôle le destin de ceux tombant sous ses charmes saar. Au sein de ce système hiérarchique d'esprits, existent des personnages supernaturels divers ayant un pouvoir moins important et menant une lutte constante autant avec le fétiche suprême qu'avec leurs pareils pour s'assurer le pouvoir et l'influence sur leurs sujets humains. Voici certains de ces personnages principaux:

Ashkir-marooriye
Ciise Mingis Rooble
Xamaro (femelle)
Nuumbi
Wadhooye
Maame
Yawarkaasi
Yoose

Chacune de ces personnages est honoré d'une danse rituelle particulière. Ciise Mingis Rooble, Maame et Wadhooye semblent avoir le plus grand nombre de partisans qui se développent en factions et cultes distincts : Mingis, Nuumbi, Saar et ainsi de suite.

Chaque groupe croit que l'esprit qu'il honore est le souverain suprême de tous les autres esprits, dont le nombre est infini; leurs disciples humains sont en perpétuel désaccord à l'instar des jinnis divers qu'ils vénérent. En réalité, ce sont les Calaqads ou leaders de culte divers qui se cherchent querelle, s'efforcant de se rejeter mutuellement de ce marché lucratif.

La lutte présumée entre jinnis pour obtenir influence et suprémacie se manifeste parmi les disciples et dévoués lors d'occasions telles que l'exécution de danses rituelles par exemple, où les partisans de cultes différents rivalisent ouvertement. Il se peut par exemple qu'un disciple danseur désire exécuter la danse rituelle résevée à son 'maître' particulier, tandis qu'un membre d'un autre culte s'y oppose exigeant que soit exécutée d'abord la danse favorite de son culte. L'un des contestants saute soudainement dans l'arène et demande l'hymne propitiatoire en l'honneur de son esprit-maître. Le choeur le chante à pleine voix à l'unison et en battant des mains, jusqu'à ce que le danseur atteint un état d'extase et court et saute sans but autour de la piste de danse. Soudain son adversaire, mal à l'aise jusqu'alors, saute dans la piste et chante l'hymne de son propre culte de façon démoniaque. Le choeur et les musiciens, qui assument habituellement une position neutre et ne prennent pas part à ce duel supernaturel, chantent et jouent le nouvel hymne en l'honneur du personnage choisi par le nouveau danseur dans l'arène. C'est alors que le premier danseur quitte la piste en colère car il se sent offensé par 'l'imposteur' qui a profané l'exécution en faveur de son propre maître. Il se repose alors une heure ou deux puis saute à nouveau sur la piste, annonçant une fois encore le chant favoir de son maître. C'est maintenant au tour de l'autre de se retirer et de se reposer. Ces danses ritualiste, et surtout le Nuumbi lorsqu'a lieu le spectacle décrit ci-dessus, se poursuivent jusqu'au petit matin et la foule immense s'amuse beaucoup devant les cabrioles bizarres des guérisseurs d'Afrique.

( toujours dans le cercle du désenvoûtement… )

transfert de sort   danses ritualistes2

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