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REDOUTABLES RENCONTRES
Gare
à celle qui s'attarde à la nuit tombée sur les
bords du Uebi, l'heure à laquelle
le " Baxaar " donne ses ordres
à ses animaux de prédilection, les "Yaxaas
" pour aller chercher les victimes désignées,
ou pour les punir de n'avoir pas ramener les corps. L'on dit que c'est
pour cela que les Yaxaas ne tuent pas leurs
proies, car leur Maître veuille à ce qu'il lui obéissent.
Dans le cas contraire, un seul commandement du
'Baxaar' : -" Is-Jibi " et l'on verra les Yaxaas
se projeter en l'air, et se casser en deux par la colonne vertébrale,
se suicidant ainsi en signe d'obéissance. Au
sein de sa cohorte de créatures, le baxaar
mène donc la danse, les téméraires qui osent aller
lui demander d'agir pour eux, ne sont plus là pour témoigner.
L'on dit que le Baxaar ne laisse pas de
témoins, il est une épée à double tranchant
: entrer dans son monde exige un prix élevé que peu sont
prêts à payer. Quoiqu'il
en soit , on raconte dans les nuits sombres des
'Shiidle' , l'histoire de cet homme qui voulant punir son épouse
pour son infidélité, se trouva face à une forteresse
à jamais fermée pour lui ainsi que pour les autres ; bien
plus éprouvante l'histoire de cet homme marchand toute sa vie
à reculons et avec une branche dans la main, de peur que le 'baxaar'
ne prélève ses empreintes pour le faire disparaître
. De
même, sous les cieux de Kamsuma,
la nuit appartient au Baxaar et nul n'ose
sortir à partir du couché du soleil et le lendemain il
n'était pas rare de trouver les sentiers goudronnés jonchés
de coquilles d'ufs vides, signes qu'un envoûtement avait
eu lieu et qu'un homme peut-être n'urinerait plus debout !!!! Chers lecteurs, vous ne rêvez pas, ceci ne relève pas du domaine de l'imaginaire ; ceci à été et probablement ceci est encore. Qui de vous aura le cur d'aller le vérifier ? ( pour d'autres impossibles rencontres ...).
Reponse à certains lecteurs: - Le terme "yibir" utilisé dans ce contexte n'a rien à avoir avec des tribus somaliennes, cette terminologie servait à nommer les "griots" qui venaient exercer à Mogadisho durant certains cérémonies. Il s'agit donc de l'appellation d'un corps de métier et non d'une tribu; des artistes que je tiens en très grand estime, car dépositaires de la mémoire collective. Vous devriez vous souvenir de cela avant de ruer dans les brancards.-
Dans son 'Recueil de textes choisis' *, l'auteur somalien Maxamed Cabdi Maxamed relate l'histoire des Anaas, appelés aussi Yibir : Quote " Les Anaas ...sont des sorciers: aprés avoir subi les rites initiatiques, ils sont en droit d'exercer la magie. L'un des leurs principales activités consiste à benir les naissances de toute enfant mâle et de toute fille aînée... Aprés l'offrande des parente, le sorcier chante sa bénédiction et leur tend une amulette 'makaraan' en prononçant ses paroles:
Les Anaas bénissent aussi les mariages
Unquote *'Recueil de textes choisis" de Maxamed Cabdi Maxamed (© service technique de l'UFR Lettres Besançon). C'est une véritable source de la culture orale somalienne, fruit d'un travail sur le terrain effectué par ce chercheur et traduit par ses soins.- aaa
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