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Au
centre de la Ligne de Cur de l'Afrique
et sur les bords du majestueux Uebi Juba, règne
le puissant "Baxaar".
A la fois force physique et force spirituelle,
il maîtrise et agence son environnement
et plus encore les animaux qui y demeurent.
Redouté et
recherché pour ses pouvoirs par la majorité
des ses semblables, il hante jusqu'à l'esprit
des mères de famille ..->

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Dans
les rites Mingis
ce sont les esprits magiques qui dominent.
Il existe tout un système hiérarchique
de ces jinnis
ou esprits supernaturels à qui l'on
attribue le pouvoir d'infliger des maladies
mortelles à ceux qui '
les intéressent'.
A la tête de cet ordre invisible domine
le Fétiche
suprême : le Wadhooye
qui contrôle le destin de ceux tombant
sous ses charmes saar.
Au sein
de ce système hiérarchique
d'esprits, existent des personnages supernaturels
divers ayant un pouvoir moins important
et menant une lutte constante autant avec
le fétiche suprême qu'avec
leurs pareils pour s'assurer le pouvoir
et l'influence sur leurs sujets humains....->
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Les
aliments, les vêtements et l'argent
fournis par la patiente selon les 'désirs
de l'esprit' sont utilisés
par la calaqaad
ou oracle et ses disciples, dont bon nombre
sont des hommes initiés de nos jours,
ce sont en fait ses gardes du corps. Les
parfums, encens, huiles et ainsi de suite....->
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Cet
exposé sur les pratiques divinatoires et magiques dans
la région du Benadir et du Basso Juba, notamment dans
cette zone dite " Dhoobeey " n'a nullement la prétention
d'être une uvre scientifique, elle ne fait que
relater un certain nombre de pratiques observées et
vécus par l'auteur.
Depuis
des temps immémoriaux l'homme a toujours cherché
la réponse à ses questions dans les étoiles
et appuyé ses actions sur les signes de la terre: la
divination a donc toujours existé, sous différentes
formes certes, mais en règle générale
elle servait à désigner la connaissance du futur,
du passé, de l'espace nous entourant d'une part, et,
d'autre part de l'occulte. Elle a existé chez tous
les peuples de l'antiquité et on la retrouve profondément
enracinée dans les sociétés dites "primitives".
La
divination seule ou associée à la sorcellerie
était un aspect important de la vie sociale, et le
reste encore parfois. Et tout cela pour plusieurs raisons
: acquérir le savoir, dévoiler l'occulte, effacer
cette peur de l'inconnu, car celui qui détient la connaissance
détient le pouvoir.
Pour
le commun des mortels l'univers entier est rempli de mystère,
toute réaction négative ou positive n'est jamais
naturelle : à la source de toute entrave on trouvera,
on cherchant bien, une intention de nuire, qu'elle soit le
fait d'un vivant ou d'un mort ; le futur lui-même est
soumis à la décision du devin : sa science est
mise à contribution pour toutes les décisions
les plus importants pour la tribu : voyager, échapper
à un ennemi, conclure une affaire etc. et le devin
indiquera la route à suivre pour rentrer dans les bonnes
grâces du sort contrarié, ou pour ne pas en dévier.
Effectuée
soit à travers un intermédiaire entre le ciel
et la terre, c'est à dire à travers un officiant
qui croit alors se mettre en contact avec l'au-delà
et avec des êtres passés telle que des êtres
supérieurs (ancêtres),
soit par l'utilisation d'instruments telle que des cartes,
" shax " ou les étoiles, cette divination
s'exerce le plus souvent à travers l'intuition, la
vision, le pressentiment : nous entrons alors dans le domaine
de la voyance pure.
Avant
l'arrivée de l'Islam, les Somaliens pratiquaient une
tradition empreinte de folklore et de culte des ancêtres,
aujourd'hui encore on assiste à des cérémonies
où on fait des sacrifices aux ancêtres, aux défunts
pour qu'ils protégent la descendance.
L'ancêtre,
défunt ou vivant, à un rôle primordial
au sein du clan, il est pourvu d'une sorte de pouvoir sur
sa descendance, il est révéré et écouté,
on dit qu'il est " qof barakeysan
" et de ce fait on va vers lui ou elle afin de
récolter sa bénédiction, et on veille
à ne pas les contrarier pour ne pas s'attirer les foudres
de sa colère présente ou future : un exemple
en est lorsqu'un jeune homme ou une jeune fille est sur le
point de prendre une décision qui s'oppose à
celle de sa famille (par exemple : se marier en dehors du
clan), le père, la mère ou le conseil tribal,
lui mettent alors le marché dans les mains avec ce
genre de proposition :
"
Qori cad ama Qori cagaaran, kala dooro. "
(choisi
entre une branche séche ( cad
= blanc) ou une branche verte).
Ce
qui équivaut à choisir une vie future pourvue
de descendance ou au contraire stérile dans tous les
sens du mot.
Actuellement
en Somalie et surtout dans cette zone délimitée
par la terre noire (Dhoobeey), bien que 99% de la population
soit de confession musulmane, les pratiques de divination
et de sorcellerie existent de façon occulte, on n'en
parle pas, on se transmet de bouche à oreille celui
ou celle qui a les qualités requises.
Venons-en
maintenant à la position de ce personnage au sein de
la société : selon les individus, elle varie
beaucoup : certains, pratiquent la seule divination, vont
de village en village : dans ces cas ils se déguisent
en
'Yibir'= Griots, chantent et
font des louanges dans les cérémonies. D'autres
n'interrogent le sort que de manière occasionnelle
et continuent de cultiver leur lopin de terre ; bien souvent
ils sont de très puissants faiseurs de sort (Sixiroole)
et on vient de très loin pour les consulter ; bien
que discrets, ils restent pourtant en marge de la société.
Quelle raison préside-t-elle
au choix d'aller consulter un devin?
Souvent
on consulte un devin sur l'issue d'une transaction, le moyen
de vaincre une adversité, la cause d'une maladie, la
signification d'un rêve, l'avenir d'un enfant, la nécessité
d'un sacrifice, avec toujours en filigrane le degré
d'incertitude, d'angoisse, d'impuissance dans lequel vivent
ces sociétés.
A son tour le devin y répond par divers procédés
de " Faal " :-
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1·
inscription linéaire sur la cendre ou dans
le sable
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2·
position et dénombrement de cauris (
Alleelo ), galets marqués;
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3·
étude des horoscopes, oracle des songes, etc.
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4·
déchiffrer les présages;
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Cependant les modes de divination
les plus courants restent : -
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1-l'interprétation
de figures géométriques tracées
sur le sol faites par les doigts : sur un plateau
en bois comparable à une tablette du Coran
ou à même le sol, le devin répand
une mince couche de cendres ou de fine poussière,
sortie d'un sac. Après s'être recueilli,
il trace dans cette poussière, du bout de l'index
droit, diverses figures, de droite à gauche,
quelques lignes horizontales ondulées, je n'ai
pas souvenir du reste des signes observé ;
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2-dans
la divination par les cailloux, le devin tire d'un
sac, où il les conserve habituellement, de
petites pierres (alleelo ama
dhagaxyo) qu'il aligne ou groupe par deux sur
un ou plusieurs rangs de profondeur, dans un ordre
qui paraît aléatoire ; il déplace
ensuite certains cailloux pour tirer des conclusions
de la disposition obtenue.
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Les
réponses s'interprètent dans un sens favorable
ou défavorable selon la position des "
Alleellada " ou de la figure de l'ensemble des
lignes tracées dans la cendre ou dans la poussière
et des formes qui en sortent .
Cependant certains 'Faal'
peuvent ignorer les questions et le sujet visé et dessiner
toute autre chose concernant une autre personne qui se trouverait
par hasard dans sa zone d'influence : il y eut un épisode
de ce genre lorsque deux amies se rendirent auprès
d'un devin, seule l'une d'elle était en demande, mais
il n'eut aucun moyens de lire pour elle, à chaque lancées,
le 'Faal' sortait pour l'autre
et à chaque fois il tombait juste pour elle : le devin
en conclut que cette femme avait un 'Burji'
plus fort que l'autre et qu'il fallait non seulement
séparer les deux femmes, mais qu'il fallait en éloigner
une à des kilomètres de distance.
Il
semblerait que cette pratique procède de la géomancie
musulmane, et sa diffusion serait liée à la
venue des arabes dans la région.
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PARTIE
I

Ainsi
que nous l'avons mentionné auparavant certains
devins, afin de passer inaperçus, endossent
le rôle de maître spirituel, appelé
aussi Griots " Yibir "
: dans ces cas ils deviennent partie intégrante
de tous événements tels que les circoncisions,
les mariages, les funérailles.
Et
selon les occasions ils sont tour à tour
: guérisseurs, musiciens, sorciers, conteurs,
magiciens, envoûteurs ; ils sont aussi la
mémoire des familles, dont ils connaissent
le moindre secret - on ne les appelle jamais, ils
sont là pour toute cérémonie,
comme par miracle: certains racontent qu'en réalité
ces personnages ont leurs espions parmi les différentes
tribus, ils surveillent les femmes enceintes, sont
à la base de tout contrat sociale tel que
les mariages, ils sont au courant de toute maladie,
ainsi il leur est très facile de tabler sur
la guérison ou la mort des personnes.
Et à ces occasions, avant même de les
voir sur les lieux, on les entende. On entend leur
litanie commencer à l'autre bout du village.
On les voit s'avancer lentement, personnages pittoresques,
habillé d'une longe chemise, un "
gô " sur l'épaule, leur
bâton " bakoorad
" de pèlerin à la main
et plusieurs grandes chaînes (tusbax)
autour du cou ; l'autre main sur l'oreille, les
yeux fermées, tout dans leur récitation
de l'arbre généalogique des intéressées,
ainsi que les louanges de rigueurs, ou de regrets
selon les circonstances. ( Ils ont toujours avec
eux un élève qui les suit, pour les
aider dans la récitation ou, simplement les
guider dans le cas ou le griot serait aveugle).
A
l'autre bout de l'univers occulte, il y a le sorcier
" Sixiroole " : sa pratique ne se
borne pas à la seule divination, il a une vaste
connaissance des remèdes à base de plantes
et soigne à l'aide de décoctions de
feuilles ou d'écorces. Les noms des plantes,
les maux qu'elles soignent, leur mode d'emploi, ont
fait l'objet d'un véritable enseignement de
la part d'un maître.
Ainsi
que nous l'avons mentionné plus haut, Sixiroole
et Griots ont tous deux des élèves
sous certains conditions.
Pendant plusieurs mois, ou plusieurs années,
l'apprenti vivra aux côtéx du maître,
le servant comme un domestique, apprenant en échange
les secrets de son art. il en est de même pour
le " Griots " de
confession musulmane ; il s'agit pour la plus part
du temps, d'un apprentissage plus ou moins long, plus
ou moins sévère ; au bout duquel il
y a pour l'élève la promesse de ne plus
manquer de rien.
Les
domaines d'action des deux, Sorciers
et Devins, sont pratiquement identiques ; cependant
leurs buts, ainsi que les moyens mis en action sont
différents :
-simple consultation
divinatoire avec des lectures de textes religieux
pour les devins " griots musulmans " avec
parfois la poursuite de la consultation pour indiquer
le remède opportun, faire une offrande ou confectionner
un "xirsi"
ou " makaraan"
une sorte d'amulette, d'instrument de protection .
Il peut aussi arriver parfois qu'un devin décèle
la source d'un mal, et accepte de le combattre, soit
par de décoctions de plantes, ; soit qu'il
se lance à la poursuite du talisman cause du
désordre ; il y a à ce moment là
une confrontation avec le sorcier à la source
de la création de ce talisman sur la demande
d'un 'ennemi' du consultant.
Ce
devin, tout en connaissant la source du mal qu'il
affronte, n'a souvent a à sa disposition que
des moyens qui surfent sur les fils des vers du Coran,
prières, offrandes, contre-talismans qui contiennent
des surates puissantes.
-face
à cela, se déploie le rayon d'action
du Sixiroole, beaucoup
plus vaste et plus puissant, couvrant la révélation
ainsi que l'action ou la contre-action sur le terrain.
La puissance de celui-ci est tel que, non seulement
il peut déceler, même à distance,
le mal dont souffre le consultant, mais peut aussi
agir sur le malade, sur les symptômes, sur l'origine,
et sur la prévention et, bien entendu, il est
aussi capable du contraire.
Ainsi
que nous venons de le voir,
'Sixiroole', griots ou
marabouts ont en commun l'application d'un
certain nombre de rites et utilisent pratiquement
les mêmes objets protecteurs dans le but de
contrer ou favoriser les atteintes naturelles ou les
actions de sorcellerie : il s'agit de la pratique
de :
-Rites propitiatoires
pour mettre la fortune de son côté ;
-Confections d'amulettes
portables ( xirsi ou makaraan
), ou à enfouir chez soi ou chez
son ennemi ; de talismans, de gris-gris.
Mon
témoignage sur ces pratiques, ne peut porter
que sur des événements qui ont eu lieu
dans ce triangle des villes de Giamame, Gilib, Genale.
Cette zone de Dhoobeey, a toujours été
ma deuxième terre natale, ma famille a vécu
là bas assez longtemps pour la considérer
comme sa terre et son peuple comme faisant partie
de notre famille :
'Reer Dhoobeey' ont
été plus que mes frères et soeurs,
nous avons étés élevés
ensemble, nourri ensemble, soignés par les
mêmes Guérisseuses,
j'ai partagé avec certains le lait maternel;
on dit que, nous sommes "
caano wadaag" ;
nous avons partagé les mêmes peurs et
les mêmes croyances. C'est pour cela qu'aujourd'hui
je ne reconnais pas ces gens qu'on appelle
'Bantou' et
qu'on situe en dehors de nos lignages. Cela doit obéir
à des impératifs politiques, et je peux
le comprendre, mais personne ne pourra m'enlever ce
que j'ai vécu avec eux et que nous continuons
de vivre encore aujourd'hui, car, malgré la
guerre civile, cette partie de ma famille continue
de régner sur certains cérémonie
de notre maison.

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Dans
la chaleur moite de la jungle africaine, bien peu
d'animaux, qu'ils soient "
rabbaayad " ou " dugaag ", ont
la chance d'échapper au destin du 'transfert
de sort' (1), que cela soit temporaire ou définitif.
L'acte
de sorcellerie portant préjudice à ces
animaux à donc toujours pour origine l'homme
et sa sphère d'influence spirituelle. L'homme
et ses incertitudes ainsi que ses névroses
trouvent un exécutoire dans des cérémonies
au cours desquelles le sixiroole,
entre en transe et procède au transfert des
négativités de l'homme vers l'animal
choisi à cet effet, afin d'opérer la
guérison...->
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Yoose,
Ashkir-marooriye,
Xamaro...
Une
vielle femme porte le titre du culte à
savoir ' Calaqad',
interprète ou oracle de chacun
de ces jinnis,
et elle seule a le droit de commmuniquer
directement avc le
'Maître'.
Parfois un homme remplit le rôle
d'oracle. Pour obtenir le plus de clients
possibles et donc le revenus les plus
élevés, la 'calaqad'
nomme certaines des ses disciples
au poste d'oracle, mais elle garde l'autorité
suprême relative aux fonctions du
culte car elle seule posséde l'expérience
nécessaire de la sorcellerie. La
novice est initiée aux mystères
de la magie noire, aprés être
passée par le troisième
rite ou 'Muul'
le plus complexe et le plus couteux...->
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X
Ceeriyama-guuriye
(celui qui fait voyager
le brouillard ) vint au monde et
entra dans la légende.
IX
La
séance débuta
par ce qu'on appelle en langage clé une séance
de " Burji-Xisaab
" : ' Burji
' qui signifie " pouvoir " et ' Xisaab'
( à prononcer Hisaab ) le "calcul
" ; c'est à dire le" calcul
du pouvoir de chacun des acteurs sur l'échiquier
".
Un calcul occulte qui porte sur le pouvoir des nombre
et des noms ainsi que des leurs positions astrales....->
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