A
l'époque il existait trois grands marchés appelés
"suuq". Celui qui était le
plus riche en produit, à mon humble avis, était
celui de "SHIBIS",
mais comme il était celui de mon quartier de Boondheere,
on pourrait me taxer de favoritisme.
On y trouvait des fruits parfumés et dorés au
soleil, tous ce qu'il fallait pour les salades somaliennes,
les condiments et les épices, du pain frais, bien que
dans la plus part du temps c'était le pain frais qui
arrivait tout droit à la maison: en effet dés
le matin très tôt on entendait crier le garçon
du boulanger dans les rues, sur son dos un panier plein de
'rooti , furan 'frais.
Le lait frais arrivait aussi tout droit du producteur : chaque
famille avait ou des parents ou de contacts dans les milieux
des éleveurs, (car on se méfiait des coupeurs
de lait ) et signait avec eux une sorte de contrat dit "
rukun "; et selon la
quantité de lait désiré, on avait droit
au ' dhalo yareey, dhalo weyn ou
au dhuco '.
Quant au lait de chameau : frais ou caillé appelé
'caana garoor'
dans le sud et 'jinow'
dans le nord, on le trouvait au marché. Ainsi que du
beurre ou du subag sixin;
les viandes d'élevage: mouton, agneau, chèvre,
vache, taureau, chameau, poulet.
Plus important et plus saisonnier, il y avait aussi le marché
aux bestiaux 'suuqa xoolaha' :
c'est l'arène de vente aux enchères des animaux
- brebis, cabris, chèvres,
- un endroit haut
en couleurs. Un lieu fait pour voir les bêtes de plus
près, les tâter, les ausculter et en marchander
les prix durant des interminables discussions à bâtons
rompus 'gorgortan'; c'est
là que les gens allaient s'approvisionner pour les
fêtes du ' ciid ' et
pour les ' xus'
et ' mowliid' :
des commémorations.
Dhalo
= qurshad, quraarad= bouteille
dhalo yareey=petite
bouteille dhalo weyn=grand
bouteille dhuco=trés
petite bouteille 1/4 L
Ciid=
fêtes = ce mot signifie aussi 'sable' le
'd' est alors plus doux
la
suite bientôt...
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Instruments
de broyage
En
matière de broyage, la maison était équipée
d'un mortier en bois : grand ou petit ; cependant l'instrument le
plus utilisé était une roche énorme pourvue
d'un pilon que ma mère avait réussi à se procurer,
il était dans un coin de la maison, et on broyait tout là
dessus : on pouvait passer des piments au sorgho en la lavant avec
de l'eau tout simplement, les goûts ne se mélangeaient
pas : appelée 'shiid'
du verbe 'shiidid' = broyer
il était un élément important dans la cuisine
de ma mère.
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Modes
de cuissons :
La cuisson habituelle dans la cuisine somalienne, consiste
à faire revenir la viande ou tout autre ingrédient
dans du beurre clarifié ou d'huile, et ajouter ensuite
les épices..
Cependant certaines viandes, telles que du jeune cabri ou
de l'agneau sont cuit à la braise ou rôti à
la broche ou au four. Après ce traitement la viande
fond dans la bouche! Elle s'appelle alors '
hilib dhayle' : hilib
= viande dhayle= jeune.
Tout le long de la voie qui menait de Moga à Afgooye
on pouvait dénicher, caché sous les branches
des 'Qurac' replié
sur eux-même pour en faire une sorte d'abri, des restaurants
qui servaient ce type de viande qu'on se dépêchait
de manger avec les doigts tellement elle était tendre.
Ces lieux étaient aussi très réputés
comme des lieux de rendez-vous secrets.

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'
Dibi geeslahiyo, ido godol madow/ waa waxa dhulkeena u gaar ahe/ laynagu
gartee...'
  
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