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Nomades
sur les fils du temps et des saveurs
Les
Somaliens sont musulmans, et obéissent à
la tradition de l'islam: ils consomment donc une nourriture
'Halaal', ce qui veut dire que l'animal doit
avoir été sacrifié selon le rite;
la viande de porc est interdite.
Habituellement, et lorsque cela est possible, deux repas
légers et un substantiels composent le menu du
somalien moyen :
-d'abord
un petit-déjeuner léger "quraac"
; fait de 2 ou 3 'laxoox'
( crêpes somaliennes ) saupoudré de sucre
et de 'subag sixin' du
beurre clarifié accompagné du fameux thé
des savanes.
-"Qado",
le déjeuner qui parfois ressemble au dîner
'casho': on trouve
toujours de la viande ou du poisson partout, avec des
légumes et des cereals, ou une soupe de céréales
tout simplement: les repas sont toujours servis avec
du pain ou avec du 'canjeero'
( crêpes fermentées).
(
Et tout cela en déhors du période de ramadan,
et de cérémonies.)
Il arrive cependant que le repas principal soit consommé
en milieu de journée car la plus grand partie
des travailleurs, afin de profiter de la fraîcheur,
commençaient trés tôt le matin:
donc leur repas essentiel était pris en milieu
de journée, dans des brasseries dont la cuisine
était très réputée : cela
consistait en des plats de foi ou des reins de
'caprettino' revenus dans des oignons, tomates
et épices; servi avec des 'muufo'
du pain fermenté cuit dans des
'tinaar' , avec du
'shaah rinji' du
thé rouge
Les
recettes complilées dans ces pages, se transmettaient
oralement à travers des générations
de femmes somaliennes ; les grands-mères, lorsqu'on
avait la chance de les voir vivantes ( ce qui n'était
pas toujours le cas, étant donné l'espérance
de vie des femmes de l 'époque), les transmettaient
aux petites- filles; les filles à leurs enfants
; les tantes faisaient de même; et étant
donnés le caractère élargi de la
famille somalienne, l'échange pouvait prendre
alors des allures d'un patchwork, hautement coloré
et si l'on s'en donnait la peine on pouvait presque
toujours remonter et reconstituer la vie de chaque recette.
Dans leur mode de transmission actuelle, je les livre
telle qu'elles m'ont été apprises, telle
que je les appliquais en Somalie et telle qu'elles ont
évolué ici en Europe : certains plats
n'ont pas supporté le dépaysement, d'autres
y ont gagnés, quoiqu'il en soit, je tiens ici
à remercier tous mes cobayes, sans lesquels tout
ceci n'aurait pas été possible.
Ces
plats que je décris représentent l'exception,
la normalité étant plutôt dans la
simplicité des mets économiquement abordable
au jour le jour : comme les plats de riz ou des pâtes
avec un peu de viande, ou sans, du type 'maraq
bilaash' avec quelques legumes ou
du poisson en sauce ou grillé. Bon appetit!!!
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Le
beurre clarifié (Subag
Sixin
)
En Somalie l'usage
veut qu'il y ait dans chaque maison du 'subag
sixin', que ce soit pour le petit
déjeuner pour manger les 'loxoox',
ou pour préparer le
'oodkac',
un met à base de viande séchée
et transportable, qui permet aux nomades de
se restaurer durant les longs trajets et dont
la longue conservation est due au beurre clarifié.
Normalement le beurre
à 130°C fume et à cette température
il devient peu digeste et il est même
nocif : avec l'opération de clarification
l'eau et une grande partie de la caséine
contenue dans le beurre sont éliminée
et on obtient un produit qui résiste
jusqu'à 200°C.
Comment
obtenir du beurre clarifié (subag
sixin) à la saveur unique
et trés résistant au feu:
-Faire dissoudre 250gr
de beurre doux sans sel dans une poêle
à feu très doux ou au bain-marie,
pendant 10 à 15 min sans le faire bouillir
; au bout d'un certain temps sur la surface
se formera une matière blanche qui doit
être éliminé : ou avec une
petite cuillérée à fur
et mesure, ou filtrer le beurre ; laisser refroidir.
Pour sa conservation
il n'est pas nécessaire de réfrigérer
le 'subag'
; il suffit de le conserver dans un lieu sec
et ne pas utiliser des cuillères humides.
(Il est toujours possible de se procurer un
beurre similaire appelé ghee
auprès de magasins indiens.)
astuces:
le 'subag' est parfaitement réussi lorsque
l'eau contenue dans le beurre initiale s'est
complètement évaporée :
pour vérifier cela; verser une goutte
du mélange sur un petit bout de papier
et l'allumer, si vous entendez un bruit de craquement,
cela indique la présence d'eau: chauffer
encore un peu le beurre. Avec l 'expérience
rien qu'à l'odeur et à la couleur,
vous saurez si le beurre est prêt ou pas.
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Certains
des ingrédients du 'Maraq Bilaash'
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L'incontournable
raqay
(tamarin, tamarindo)au goût 'dhannaan
iyo macaan': citronnée et sucré,
est l'un des ingrédients de la sauce de base
'maraq'
de toute la cuisine somalienne. Avec ses infinies
variantes: cette sauce, suivant sa consistance,
peut accompagner des viandes, des canjeero, des
muuffo, des galettes de maïs, des pâtes,
du beriis-dheri,
de soor,
de rooti,
de beriis iskudhexkaris...ou
être sans viande. Elle est parfois rélévée
d'une pointe de piment rouge en poudre 'besbaas'
et le plus souvent accompagné de petits piments
vert pilés au mortier avec du gros sel et
du jus de citron vert liimo,
à moins que ces piments n'adoptent pas la
forme du shidni,
mais là on entre dans la cuisine des cérémonies...(
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